...... en avant-propos......

 

          L'équilibre est la clé pour le funambule qui avance sur le fil menant à la conscience. Au départ, c'est une corde épaisse sur laquelle il peut poser facilement le pied. Il progresse lentement, assure ses pas en compensant ses déséquilibres par le robuste balancier de ses repères ordinaires habituels. Si malgré cela il chute, il n'a d'autre choix que de réessayer ou de renoncer. Si elle ne l'abat pas, chaque chute le renforce. Peu à peu, prenant confiance, il voit que l'équilibre n'habite qu'au fond de lui. Il comprend que le balancier l'aide juste à ramener ses peurs et ses pensées dans l'axe du fil. Et il constate qu'alors elles disparaissent. Porté par sa découverte, il s'enhardit jusqu'à lâcher son balancier pour ne faire qu'un avec cet axe. Tout son être se détend. Maintenant ses pas glissent  sur le fil, sa vigilance veillant doucement sur lui. Puis un beau matin il remarque son ombre accrochée à ses pieds. Elle court devant lui sur le sol. Il perçoit que le ciel commence à l'instant où il décolle son pied pour faire un pas. Et il vénère son autre pied posé sur la terre sans lequel il ne pourrait faire ce pas dans le ciel. Il saisit alors que le fil devant lui n'est qu'une illusion car il n'a marché que vers lui-même dans le voyage immobile de la présence.

 

"Les Enseignements du Serpent de Xochicalco" (extrait)